Roxanne attendait, assise à sa table, devant un verre de vin. Elle
regarda sa montre une fois encore et soupira. Que pouvait-il bien
faire ? Il devait être là depuis déjà dix minutes.
Soudain elle le vit entrer dans le
restaurant. Elle l’interpela et il s’approcha
rapidement.
-
Tu es en retard ! Tu sais bien que je dois me dépêcher
aujourd’hui.
-
Excuse-moi ma puce, je cherchais une place pour me
garer.
Il l’embrassa sur le front
et s’assit en face d’elle.
Le serveur arriva et tendit un
menu aux deux Delattre.
-
J’ai déjà choisi, un croque-monsieur s’il vous
plaît.
L’homme grisonnant se pressa
de faire lui aussi son choix et commanda un simple
steak-frites.
-
Comment va ta mère ? demanda-t-il après avoir retiré sa veste
avec nonchalance.
-
Bien. Elle m’a appelé hier, elle est toujours sur son voilier
au milieu des îles.
-
Toujours avec son… Franck ?
-
Oui. Toujours avec lui.
Elle le regarda dans les
yeux.
-
Il faudrait te faire une raison, papa.
-
Oh, tu sais, moi… Je vaque aussi à mes occupations. Je
l’ai oublié depuis belle lurette, ta mère,
marmonna-t-il.
-
Mais oui, mon œil.
Ils discutèrent quelques minutes
encore et leurs plats arrivèrent.
Alors que Roxanne s’attaqua
à son croque-monsieur, son père lui demanda :
-
Tu as des nouvelles de ton espèce de
branleur ?
Elle avala sa bouchée et
répondit :
-
Il s’appelle Henri, papa.
-
C’est quand même un branleur.
-
Je n’ai pas de nouvelles. Mais je ne compte pas en
avoir.
-
Ah ! Enfin tu te décides à passer à autre
chose.
-
Je n’ai pas trop le choix en même
temps…
-
Bon, parlons d’autre chose, mon poussin. Ton entretien, ça
s’est bien passé ?
-
Oui, ça va. Je suis confiante.
-
Tu as raison. Tu as la vie devant toi de toute manière. Alors si tu
n’es pas prise, il y aura toujours quelqu’un, ailleurs,
qui te voudra dans sa boîte.
-
J’espère bien. Mais je pense que je leur ai
plu.
Il entama son steak pendant que sa
fille lui piquait deux frites.
-
Tu as vu Louis récemment ? demanda-t-elle.
-
Boh, tu sais, il ne répond plus à mes appels. Je ne sais pas ce qui
lui prend, depuis que je lui ai dis que j’aimerais bien
rencontrer sa petite-amie, il m’évite.
Roxanne
ne répondit pas. Elle savait ce qui se passait.
Son
frère aimait les hommes, et ça depuis l’adolescence. Elle
était la seule au courant et Louis avait dû s’inventer une
copine pour que son père ne s’inquiète pas et arrête de
l’embêter avec ça. Sauf que maintenant, Louis était
coincé ; il ne pouvait pas éviter son père indéfiniment, il
fallait qu’il lui dise la vérité.
Une
heure plus tard, vînt le temps de l’addition. Roxanne attrapa
son sac et fouilla dedans. Son père, qui enfilait sa veste,
protesta.
-
Voyons, ma chérie, c’est pour moi.
-
Je voulais t’inviter !
-
Sûrement pas.
Roxanne
lui sourit et le remercia.
Ils
sortirent tous les deux du restaurant et s’embrassèrent avant
de partir chacun de leur côté.
@ Lydie :
Merci, ça mérite d'être clair !
Non mais c'est gentil d'avoir pris la
peine de donner ton avis même s'il est négatif. Pour te répondre,
oui ça fait "un peu scénario de film à l'eau de rose", et je ne
sais pas si tu dis ça d'une manière péjorative mais je le prends un
peu comme ça. En tout cas, je ne m'en cache pas, c'est bien une
histoire sans prétention et parlant d'amour que je compte écrire.
Désolée si cela ne te plait pas. Pour les descriptions, je suis
d'accord avec toi, je sais que j'ai du mal avec ça et je suis plus
branchée sur les dialogues (je devrais être scénariste, tiens).
J'essayerai de m'améliorer sur ça. Quant au personnage de Roxanne,
c'est vrai qu'elle ne paraît pas très sympathique au premier abord
mais c'est pour accentuer l'histoire sur le caractère de
Raphael Henley. Mais au fur et à mesure on va découvrir que Roxanne
n'est pas si énervante que ça, je te rassure. Et puis quand tu dis
que certaines phrases font un peu "gamine", je trouve que tu es
dure parce que je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas dire ce
genre de choses à mon personnage même si c'est un homme d'une
trentaine d'années. Je ne vois pas où est le problème, ce n'est que
de l'humour, peut-être enfantin, mais c'est
complètement voulu. Et je peux t'assurer que le
personnage de Henley n'en ai pas dénué ! Mais ça tu le découvrira
dans la suite de l'histoire. Merci de me lire en tout cas,
et merci d'avoir donner ton avis. N'hésite pas à le re-donner à
l'occasion.
@Stef : Merci beaucoup, ton message me fait
vraiment plaisir. Ca m'a donné envie de continuer à écrire
(contrairement à celui de Lydie qui m'avait un peu plombé le
moral). Après tout, tu as complètement raison, ce n'est pas à moi
d'adapter mon histoire aux autres mais bien aux autres de s'y
adapter. Si ça ne leur plaît pas, je ne les oblige pas à la lire !
Et j'ai posté la suite, impatiente de savoir ce que tu en penses
ainsi que les autres lecteurs. 